1. Leur impact / raison d’être: 


- Sensibilisation locale à l'environnement et changement des comportements

Les Ressourceries ont comptabilisé 3165 actions de sensibilisation (2700 en 2014), auxquelles ont participé 438 011 personnes (235 535 en 2014).

Ce n’est qu’en proposant aux gens des outils de proximité pour se mobiliser et s’éduquer sur les questions environnementales que l’on pourra faire face aux enjeux.
De même, c’est avec cette même dynamique d’engagement et d’éducation populaire que l’on pourra réduire la quantité des déchets produits.

- Mobilisations des citoyens et cohésion sociale

C’est le coeur de métier de la Ressourcerie : engager les gens (pour donner mais aussi pour y travailler).
Au delà de la question environnementale, la ressourcerie est un vivier de solidarités : elle embauche des personnes en difficulté et les accompagne pour répondre à leurs problèmes de vie, redonne du pouvoir d’achat aux personnes, créé des liens humains là où elle est implantée, implique des bénévoles... Ce n’est pas rien ! Une personne âgée, seule peut venir participer et retisser du lien. C’est pareil avec toutes les tranches de population peu importe leur portefeuille et peut importe leur âge et cette valeur est inestimable !

On parle actuellement de la revitalisation des centres villes et des zones rurales de revitalisation, les Ressourceries sont un exemple parfait d’espace qui participe au re-développement des coeurs de ville et des territoires ruraux..

-  Maillage territoriale pour un réemploi des objets en circuits-courts

Près d’1 français sur 3 habite dans une commune couverte par un service de ressourcerie.
Au 31 mars 2018, les 156 adhérents du Réseau des Ressourceries sont présents dans 15  des 18 régions et dans 66 des 101 départements de France.

Mais ce n’est pas encore assez !
25% des déchets des français sont potentiellement gaspillés Ce sont des objets qui pourraient être réutilisés. Aujourd’hui nous n’en ré- utilisons que 2,5%, la marge de développement est énorme !
À titre comparatif, il y’a une déchetterie pour 14 000 habitants en france alors que si l’on compte les ressourceries, Emmaüs, et les recycleries, nous n’avons qu’une structure pour 120 000 habitants !

Cela fait un potentiel d’une ressourcerie pour  24 000 habitants en 2030, soit 2 000 nouvelles structures.

- Création d’emplois locaux et non-délocalisables, d’utilité sociale, notamment dans les secteurs sinistrés par l’ère industrielle
En 2016, les Ressourceries employaient au total 3 079 personnes (2 540 en 2015, soit +21% en un an)
Plus que des emplois, des métiers de valoristes nécessaires à la résilience des territoires (artisanat, mécanique, électronique, menuiserie etc.) sont réhabilités.


Les Ressourceries sont un vivier d’emplois énorme pour l’avenir. En plus de développer des métiers qui re-deviendront indispensables, elles créent beaucoup plus d’emplois que le reste du secteur du déchet.
Leurs modèles économiques permettent de mener une politique sociale de territoire en favorisant souvent l’emploi d’un public en difficulté d’insertion, de manière pérenne, ou au travers de l’accompagnement  qui nécessite une forte implication. Ces structures sont un vrai sas d’insertion dans la vie active, avec un fort potentiel de professionnalisation, grâce à la formation et à la montée progressive en autonomie.

À titre d’exemple, la France enfouie 26% des déchets des ménages et en incinère 32%. Ce n’est plus possible !
L’enfouissement génère 1 emploi pour 10 000 tonnes, l’incinération en génère 3, alors que le réemploi solidaire et citoyen en génère 850 ! C’est 150 fois plus que l’incinération qui est la solution la plus utilisée pour traiter les déchets. (chiffres Ademe)

- Réduction des déchets
Une Ressourcerie en moyenne a collecté, en 2016, 381 tonnes de déchets, soit  40 800 tonnes de déchets en 2016.

Son objectif initial est avant tout d’éduquer et d’engager les français.  Les tonnes collectées servent de levier à cette mobilisation. Ceux qui participent chaque jour sont plus sensibilisés à la problématique des déchets et changent peu à peu leurs comportement général.

L’objectif principal sur le sujet déchet, c’est d’en produire le moins possible car le recyclage - bien qu’important - ne nous offre pas une solution viable sur le long terme.
               
- Un plus grand impact humain et environnemental que le recyclage et l’incinération
Créateurs d’emplois: environ  28 fois plus que le recyclage (réemploi solidaire = 850 ETP / 10 000 tonnes) et 150 fois plus que l'incinération (3 ETP / 10 000 tonnes)
Réemploi 850 ETP pour 10 000 tonnes. (chiffres ADEME) 
Centre de tri pour recyclage : 31 ETP
Incinération : 3 ETP
Enfouissement : 1 ETP.

Quels sont et quels vont être les moyens de l’Etat et des collectivités pour que la hiérarchie de traitement soit respectée ? (Loi Royal : article 110-1-1 du Code de l’environnement)


- Répond à l’urgence environnementale, sanitaire et
économique
* agir contre le développement  des continents poubelles

* Le déchet coûte plus de 10 Milliards d’euros aux français. 

* Depuis 1990, son coût pour le contribuable augmente de plus de 5% tous les ans ; presque deux fois plus que l’augmentation du PIB !

* Créer 2000 Ressourceries supplémentaires pour 2030 permettrait d’avoir une structure de proximité pour 24 000 habitants (en France 1 déchèterie pour 14 000 habitants).

* Permettrait de créer 70 000 emplois solidaires! Non-délocalisables au service des changements de comportements et de la mobilisation citoyenne.


2. Leur gouvernance:

L’activité de Ressourcerie fait partie intégrante de l’éthique associative et de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). L’article III du règlement intérieur du Réseau des Ressourceries indique que « l’activité de la Ressourcerie n’interdit aucun statut, si tant est que la preuve soit apportée du respect des valeurs de l’économie sociale et solidaire. Les excédents éventuels restent au service du projet et ne peuvent être redistribués à des actionnaires uniquement associés par le capital. » Chaque adhérent est signataire et s’engage au respect de la charte des Ressourceries.
En 2017, sur les 150 adhérents du Réseau des Ressourceries :
143 sont des associations loi 1901
6 sont des collectivités territoriales



3. Leur modèle économique:

Le secteur du réemploi a été priorisé par les lois européennes et françaises mais faute d’avoir des contours compréhensibles et homogènes, les politiques environnementales n’ont jamais légiféré pour le doter d’un réel modèle économique.

Parmi les 135 Ressourceries en activité :
81 sont des ACI (72 l’année précédente)
43 sont des structures d’emplois pérennes (36 l’année précédente)

Les structures de l'insertion par l'activité économique (SIAE) mettent en oeuvre le dispositif public IAE.
Toutes les Ressourceries conventionnées IAE ne sont pas des ACI limités à 30% d'autofinancement.
Plusieurs sont des EI(entreprise d'insertion), notamment la Ressourcerie du Comtat.
Ces EI doivent atteindre à minima une part d'autofinancement de 80%.
Les salariés en CDDI (CDD d'Insertion) sont à 35 heures /hebdo (contre 20 à 26h00 dans les ACI).
Le modèle économique EI nécessite une taille critique suffisante pour assurer son autonomie financière.
Le financement de sa mise en oeuvre est souvent plus couteux qu'un ACI.
En revanche, l'EI ne sollicite plus de subventions de fonctionnement dès l'année n+1.
Pour les partenaires financeurs publics, elle ne représentera pas un coût récurrent mais un investissement au bénéfice de l'économie locale.
Ce qui peut, compte tenu des capacités financières actuelles des collectivités locales, être un argument décisif.


Ce sont majoritairement les politiques sociales qui ont soutenues leur développement en finançant l’insertion.
Mais comme tous les secteurs du déchet, il est indispensable de s’en occuper et assez exceptionnel de le faire sans les pouvoirs public.

L’enjeu climatique et environnemental est énorme, le plus gros auquel l’humanité doit faire face de toute son histoire, nous avons avec les Ressourceries un modèle rare qu’il est indispensable de développer.

Les ventes réemploi/réutilisation (magasin, Internet, etc.)
Les prestations de collecte (auprès de collectivités territoriales, d’entreprises, etc.)
Les prestations de sensibilisation (animations, visites, ateliers créatifs, etc.)
Les prestations de formation
Les ventes de matières (0,6%)
Les rétributions des éco-organismes (Eco Mobilier, Ecologic, Valdelia, etc.) (0,6%)
Etc.

Les Ressourceries s’autofinancent en moyenne à 41% (67% pour les structures d’emplois pérennes (61% en 2015) 30% pour les ACI (29% en 2015.
  • À titre comparatif la moyenne d’autofinancement du secteur qui gère les déchets des ménages est de 5,88% (ADEME).
Elles vivent de la vente des objets et de certains services qu’elles peuvent développer pour les villes.
Le reste de leurs fonds viennent en grande majorité des financements publics pour l’insertion et un peu pour la gestion des déchets.


4. Important à dire:    



  •                            
* Notre activité est désormais reconnue comme indispensable, tant sur le plan environnemental que social. Nous participons à cette Transition que tout un chacun considère comme incontournable. Mais il faut nous assurer les moyens politiques pour que notre activité se multiplie et s’inscrive durablement dans tous les territoires, c’est le cours de l’histoire.


* Il faut que la politique environnementale prenne les responsabilités de ses engagements. Le dispositif des filières REP ne répond pas aux normes fixées par de la loi Royal. Par exemple, il est constaté que “50% valorisation énergétique,et 50% enfouissement” des DEA sont les objectifs fixés lors du renouvellement de certains agréments. Les objectifs et les barèmes fixés dans les cahiers des charges devraient être fortement relevés en faveur du réemploi et de la réutilisation et les éco-organismes soumis à un système contraignant. Il en va de même pour la filière textile fortement intégrée dans les activités de réemploi et dont aucunes solutions viables ne sont à ce jour proposées pour les ressourceries. 


* Nicolas Hulot et Brune Poirson ont lancé le chantier de la refonte de la politique déchet. Ils ont ici l’occasion d’agir concrètement pour le progrès écologique et social.


* Proposition concrète : réorienter une partie des éco-contributions payées à chaque achat par les producteurs et les consommateurs vers le réemploi solidaire. 

* Mettre en œuvre une politique volontariste pour un respect strict de la hiérarchie des normes telle que précisée dans l’article 5141-1 du code de l’environnement : « 3° De valoriser les déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie »


* Obtenir la considération des ressourceries organisée en réseau comme une filière à part entière : un éco-organisme ; et flécher une partie des recettes des éco-contributions pour le réemploi et la réutilisation.



DÉBAT INTERNE :

gouvernance par Martin
Sur ce point on court un risque : de mon côté je dis qu’on est en très très grande majorité des associations car c’est grâce au principe de non-lucrativité et de gouvernance qu’on mobilise les gens, que ce modèle est pensé et fait pour ça.
De plus, les règles Européennes de concurrence ainsi que les règles de Bercy font de nos hybridations statutaires - même si les valeurs, l’engagement et l’impact du boulot restent forts, un risque structurel énorme.

Les statuts Refer disent aussi ESS mais en réalité on est que des assos car c’est difficile de mélanger ceux qui bénéficient du capital et ceux qui travaillent désintéressés. L’ESS ne répond pas à ce pb car son assiette est beaucoup trop large.
S’en revendiquer depuis la loi c’est courir le risque d’accepter le glissement qui s’opère et qui tente de nous transformer en entreprise auto-financées.

De l’autre : si l’on veut que l’industrie ne devienne pas plus rouge que rouge mais aussi que l’argent qu’on pourrait gagner ne revienne pas aux entreprises privées du réemploi, il nous faut une ligne forte fondée sur des principes de droit un peu plus forts que la loi ESS.
D’après moi, si l’on dit que l’on respecte l’approche non-concurrentielle de Bercy (c’est la règle de la non-lucrativité qui implique la non-concurrence), on assure (un peu faussement mais au moins théoriquement) que nous ne nous placeront pas en concurrence de la distribution et de l’industrie manufacturière car bercy veillera au grain que l’on respecte bien ces règles de l’intérêt général.

: Important à dire par Vincent: La tendance des collectivités est à l’appel d’offre pour la création de ressourceries plutôt que le soutien à des initiatives citoyennes. Rares sont les associations du secteur du réemploi en capacité de répondre à ces appels d’offre, alors qu’elles disposent des savoirs faire et que le Réseau des ressourceries est régulièrement sollicité pour des études de faisabilité. Les grands groupes du secteur du déchet commencent à se positionner sur l’activité du réemploi, et vont concurrencer avec leurs moyens les associations qui, elles, ont pour principe l’intérêt général et la non-lucrativité..
Si on comprend les structures du réemploi dans le secteur de l’ESS, à la différence d’autres activités qui peuvent être en concurrence avec le secteur marchand, notamment les “services à la personnes”, les activités du réemploi devraient bénéficier d’une exception et être à l’abri de la concurrence.

(entre nous : si nous faisions de cette “exception” une revendication, on s’attaque frontalement au dogme de l’OMC. La position de la Commission européenne lors de la révision de la directive déchet, contredisant le Parlement européen, montre bien le chemin pris : tout déchet = matière secondaire = spéculation sur celle-ci.

: Important à rappeler pour David D.: Les Ressourceries agissent au quotidien pour la mise en oeuvre d’une nouvelle filière de traitement des déchets par le réemploi et la réutilisation en s’appuyant sur les fonctions de collecte, de valorisation, de vente et de sensibilisation.
Remarque: la totalité des propos de cet article est très militant de par les contributions apportées par ses auteurs et leur engagement. Toutefois, je pense que sa construction finale devrait permettre de mettre un peux plus en avant l’implication de l’ensemble des adhérents de par une mise en forme des propos plus homogène entre militantisme et réalité quotidienne.   

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